Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t4.djvu/283

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Soliman, lui faisant signe de sortir.
Vous savez quelle est votre promesse.


ROXELANE.


Je ne reparaîtrai que la preuve à la main.


ACTE 3 SCENE 3


SOLIMAN, OSMAN, ALI.


SOLIMAN.


Quel soin pressant t’amène, et quel est ton
dessein ?
Veux-tu qu’il se retire ?


ALI.


Il le faudrait peut-être.
Mais je viens contre lui m’adresser à son maître ;
qu’il demeure, il le peut. Sultan, tu ne crois pas
que j’eusse d’un rebelle accompagné les pas.
Ton fils, ainsi que moi, vit et mourra fidèle.
J’ai su calmer des siens et la fougue et le zèle ;
ils te révèrent tous. Mais on craint les complots
que la haine en ces lieux trame contre un héros.
" ah ! Du moins, disaient-ils, dans leur secret murmure
ah ! Si la vérité confondait l’imposture !
Si, détrompant un maître et cherchant ses regards
elle osait pénétrer ces terribles remparts !
Mais la mort punirait un zèle téméraire. "
on peut près du cercueil hasarder de déplaire.
Sultan, d’un vieux guerrier ces restes languissans,
ce sang, dans les combats prodigué soixante ans,
exposés pour ton fils que tout l’empire adore,
s’ils sauvaient un héros te serviraient encore,