Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t4.djvu/287

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ROXELANE.


au prince. Au sultan. Au prince.
il le faut… permettez… vous n’avez rien à
craindre ;
parlez, Nadir n’est plus, et vous pouvez tout
feindre.


LE PRINCE.


Barbare ! à cet opprobre étais-je réservé ?
Par pitié, si mon crime à vos yeux est prouvé,
d’un père, d’un sultan déployez la puissance ;
par mille affreux tourmens éprouvez ma constance :
je puis chérir des coups que vous aurez portés ;
mais ne me livrez point à tant d’indignités.
Votre gloire l’exige, et votre fils peut croire…


SOLIMAN.


Perfide ! Il te sied bien d’intéresser ma gloire !
Toi qui veux la flétrir, toi, l’ami des persans !
Toi qui, devant leur maître, avilis mes vieux ans !
Qui, sachant contre lui quelle fureur m’anime…


LE PRINCE.


Ah ! Croyez que son nom fait seul mon plus grand
crime ;
que, sans ce fier courroux, j’aurais pu… non,
jamais.
montrant Roxelane.
j’ai mérité la mort, et voilà mes forfaits.
Cette lettre en vos mains, seigneur, m’accusait-elle,
quand d’avance par vous traité comme un rebelle,
l’ordre de m’arrêter dans mon camp ?


SOLIMAN.


Justes cieux !
Tu savais… je vois tout. D’un écrit odieux