Page:Chapman - Les Fleurs de givre, 1912.djvu/22

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Sous les plis en lambeaux d’une vieille bannière,
Répandre tout son sang pour garder une terre
Qu’un brutal ennemi tente de conquérir ?
Et pourquoi les Français semblent-ils mieux nourrir
Que tous leurs fiers rivaux cette flamme féconde
Capable d’embraser ou de sauver un monde ?

Or, depuis Jeanne d’Arc, jamais un pareil feu
N’avait électrisé le peuple aimé de Dieu,
Jamais ses fils n’avaient, pour en marquer l’Histoire,
Fait un geste aussi beau d’héroïsme et de gloire
Que celui qui devait, béni par le Très-Haut,
Rendre immortels les noms des martyrs du Long-Saut,
Rappeler à toujours la défense homérique
Qui sauva de la mort la Gaule d’Amérique.

Et Dollard répétait : ― Il nous faut tous périr.
Seul le bras du Seigneur pourrait nous secourir,
Seule la mort mettra fin à la résistance.
Nous défendons le seuil de la Nouvelle-France,
Et, pour atteindre aux murs de Québec menacé,
L’Indien devra marcher sur le dernier blessé ! ―

Un matin que la lutte était plus âpre et noire,
Que les Blancs n’avaient plus qu’une eau bourbeuse à boire,