Page:Chapman - Les Fleurs de givre, 1912.djvu/28

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À ce moment Cadieux descendait la rivière
Des Outaouais, guidant de sa voix mâle et fière
Un parti de chasseurs qui, dans de longs canots
D’écorce surchargés de précieux ballots,
Où luisaient peaux de lynx, d’ours, de castor, d’hermine,
S’avançait vers les grands entrepôts de Lachine,
Charmant l’écho des bois noyés dans la vapeur
Avec les gais refrains du chansonnier-trappeur.

Un soir que le parti touchait presque au portage
Des Sept-Chutes, séduit par l’aspect de la plage
Et las de la pagaie, il tira ses bouleaux
Sur un sable d’argent caressé par les flots,
Pour y passer la nuit.

                                  Or, bientôt, par prudence,
Bien que rien n’indiquât, même au loin, la présence
Des guerriers iroquois, Cadieux et ses amis,
Perçant, aux alentours, les fourrés endormis,
Commencèrent d’abattre orme, noyer et chêne,
Pour s’en faire un rempart.

                                         Mais les haches à peine
Ont-elles résonné, que l’un des bûcherons,
A travers le fouillis des rameaux et des troncs,