Page:Chapman - Les Fleurs de givre, 1912.djvu/40

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Montcalm abandonné doit ― il l’a dit, un jour ―
Du suprême désastre entendre sonner l’heure.


III


L’heure sonna bientôt. ― Guidés par un Judas
Des bords du Fleuve au front d’une haute falaise,
Dans une vaste plaine, un matin, l’arme au bras,
Apparurent, non loin du camp de nos soldats,
Dix mille champions de la bannière anglaise.

Le fier marquis courut, suivi de ses héros,
Du grand Wolfe attaquer la phalange homérique.
Oh ! qui pourra chanter sur des rythmes nouveaux
La bravoure et l’élan des bataillons rivaux
Qui devaient décider du sort de l’Amérique ?

Le combat fut aussi meurtrier qu’inégal.
Le souffle des lions gonflait chaque poitrine.
Montcalm périt, les reins percés du fer brutal,
Mais sans voir des Anglais l’orgueilleux général
Arborer son drapeau sur Québec en ruine.

Wolfe tomba lui-même en la mêlée, heureux
D’entendre en expirant des clameurs triomphales.
Par le nombre écrasés, nos guerriers valeureux,