Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/123

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


que signe d’attention, quelque encouragement amical. Mais elle ne songeait pas à lui ; elle marchait et marchait toujours, toujours s’éloignant de moi, toujours soulevant dans sa marche les feuilles mortes du sentier ; et mes yeux restèrent sur elle avec une fixité douloureuse, sur elle qui s’éloignait ainsi, jusqu’au moment où ils cessèrent de la voir, et où je demeurai seul avec mon cœur affaissé.

Une heure encore me suffit pour achever le travail que je venais de reprendre, et, au bout de cette heure, le soleil était couché. Je pris, dans le vestibule, mon chapeau et mon surtout ; puis, sans rencontrer personne, je me glissai hors du château.

Les nuages passaient, rapides et en désordre, du côté du couchant, et un vent glacé soufflait de la mer. Si éloignées que fussent les grèves, le bruit du ressac, passant par-dessus les marécages, arrivait lugubre à mes oreilles au moment où j’entrai dans le cimetière. Pas une créature vivante n’était en vue. L’endroit semblait plus désert que jamais, tandis que, choisissant mon poste, je demeurais au guet, les yeux fixés sur la croix blanche qui dominait la tombe de mistress Fairlie.





XIII


La situation du cimetière, de tous côtés exposé aux regards, m’avait obligé de choisir avec soin la place où je devais m’embusquer.

La principale entrée de l’église était du côté qui longeait le champ du repos, et cette porte était abritée par un porche muré sur ses deux faces latérales. Après un peu d’hésitation, naturelle chez un homme qui n’aime pas à se cacher alors même que la nécessité lui en est démontrée, j’avais pris le parti d’entrer sous ce porche Dans chacun de ces murs latéraux était percée une espèce