Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/211

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La porte s’ouvrit devant moi, et le valet de chambre parut sur le seuil.

— Louis, dit M. Fairlie, reconduisez M. Gilmore, et revenez tenir mes eaux fortes !… Faites-vous servir un bon lunch, là-bas ; — allez Gilmore ! faites-vous donner un bon lunch, par ces paresseux imbéciles que j’ai pour valets…

J’étais trop révolté pour répondre ; je tournai sur mes talons, et le plantai là sans ajouter un mot. Il y avait, à deux heures de l’après-midi, un train montant ; et, parce train-là, je revins à Londres.

Le lundi, j’envoyai le contrat modifié en vertu duquel se trouvaient déshéritées les personnes que miss Fairlie m’avait déclaré, elle-même, vouloir avantager de préférence à qui que ce fût. Je n’avais pas le choix. Si j’avais refusé la rédaction de cet acte, un autre avocat s’en serait chargé.


Ma tâche est remplie. Mon rôle personnel dans les événements de cette chronique de famille ne s’étend pas plus loin que l’endroit où me voici parvenu. D’autres plumes que la mienne raconteront les circonstances étranges qui allaient bientôt survenir. C’est sous le coup d’une impression grave et pénible que j’achève ce bref exposé. C’est sous le coup de cette impression, que je répète ici mes dernières paroles prononcées à Limmeridge-House : — « Jamais une fille à moi, n’aurait épousé un homme, ici-bas, avec un contrat pareil à celui qu’on me forçait à rédiger pour Laura Fairlie. »



fin du récit de M. Gilmore.