Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/281

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ÉRASTE.


Voyez que d’un second mon droit se fortifie.


MÉLITE.


Voyez que son secours montre qu’il s’en défie 71.


TIRCIS.


Je me range toujours avec 72 la vérité.


MÉLITE.


Si vous la voulez suivre, elle est de mon côté.


TIRCIS.


Oui, sur votre visage, et non en vos paroles.
Mais cessez de chercher ces refuites frivoles,
Et prenant désormais des sentiments plus doux,
Ne soyez plus de glace à qui brûle pour vous.


MÉLITE.


Un ennemi d’Amour me tenir ce langage !
Accordez votre bouche avec votre courage ;
Pratiquez vos conseils, ou ne m’en donnez pas.


TIRCIS.


J’ai connu mon erreur auprès de vos appas 73 :
Il vous l’avoit bien dit.


ÉRASTE.


Il vous l’avoit bien dit._Ainsi donc par l’issue 74
Mon âme sur ce point n’a point été déçue ?


TIRCIS.


Si tes feux en son cœur produisoient même effet,
Crois-moi que ton bonheur seroit bientôt parfait.


MÉLITE.


Pour voir si peu de chose aussitôt vous dédire


71. Var. Mais plutôt son secours fait voir qu’il s’en défie. (1633-57)

72. Les éditions de 1668 et de 1682 donnent d’avec. Nous n’avons pas hésité à y substituer avec, qui est la leçon de toutes les autres éditions.

73. Var. J’ai reconnu mon tort auprès de vos appas. (1633)

74. Var. Il vous l’avoit bien dit._Ainsi ma prophétie
Est, à ce que je vois, de tout point réussie.
tirs. Si tu pouvois produire en elle un même effet, (1633-63)