Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/282

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Me donne à vos dépens de beaux sujets de rire ;
Mais je pourrois bientôt, à m’entendre flatter 75,
Concevoir quelque orgueil qu’il vaut mieux éviter.
Excusez ma retraite.


ÉRASTE.


Excusez ma retraite._Adieu, belle inhumaine.
De qui seule dépend et ma joie et ma peine 76.


MÉLITE.


Plus sage à l’avenir, quittez ces vains propos,
Et laissez votre esprit et le mien en repos.


SCÈNE III.


ÉRASTE, TIRCIS.



ÉRASTE.


Maintenant suis-je un fou ? mérité- je du blâme ?
Que dis-tu de l’objet? que dis-tu de ma flamme?


TIRCIS.


Que veux-tu que j’en die ? elle a je ne sais quoi
Qui ne peut consentir que l’on demeure à soi.
Mon cœur, jusqu’à présent à l’amour invincible.
Ne se maintient qu’à force aux termes d’insensible ;
Tout autre que Tircis mourroit pour la servir.


ÉRASTE.


Confesse franchement qu’elle a su te ravir,
Mais que tu ne veux pas prendre pour cette belle
Avec le nom d’amant le titre d’infidèle.
Rien que notre amitié ne t’en peut détourner ;
Mais ta muse du moins, facile à suborner 77,


75. Var. Mais outre qu’il m’est doux de m’entendre flatter.
Ma mère qui m’attend m’oblige à vous quitter. (1633-57)

76. Var. De qui seule dépend et mon aise et ma peine. (1633-57)

77. Var. Mais ta muse du moins s’en lairra suborner ;
N’est-il pas vrai, Tirsis, déjà tu la disposes
À de puissants efforts pour de si belles choses ? (1633-57)