Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/322

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TIRCIS.


Et puisqu’il est pour toi…_Que ta longueur me tue !
Dépêche.


PHILANDRE.


Dépêche._Le voilà que je te restitue.


autre lettre supposée de mélite à philandre.

Vous n’avez plus affaire qu’à Tircis ; je le souffre encore, afin que par sa hantise je remarque plus exactement ses défauts et les fasse mieux goûter à ma mère. Après cela Philandre et Mélite auront tout loisir de rire ensemble des belles imaginations dont le frère et la sœur ont repu leurs espérances.


PHILANDRE.


Te voilà tout rêveur, cher ami ; par ta foi,
Crois-tu que ce billet s’adresse encore à toi 204 ?


TIRCIS.


Traître ! c’est donc ainsi que ma sœur méprisée
Sert à ton changement d’un sujet de risée ?
C’est ainsi qu’à sa foi Mélite osant manquer 205,
D’un parjure si noir ne fait que se moquer ?
C’est ainsi que sans honte à mes yeux tu subornes 206
Un amour qui pour moi devoit être sans bornes ?
Suis-moi tout de ce pas, que l’épée à la main 207



Encore une, qu’il faut que je te restitue.
tirs. Dépêche, ta longueur importune me tue. (1633-57)

204. Var. Crois tu que celle-là s’adresse encore à toi ? (1633-57)

205. Var. Qu’à tes suasions Mélite osant manquer
A ce qu’elle a promis, ne s’en fait que moquer ?
Qu’oubliant tes serments, déloyal tu subornes
[Un amour qui pour moi devoit être sans bornes ?] (1633-57)

206. Suborner, séduire, appliqué ainsi aux passions, aux sentiments, est fréquent dans Corneille. Voyez le Lexique.

207. Var. Avise à te défendre ; un affront si cruel
Ne peut se réparer à moins que d’un duel :
[Il faut que pour tous deux ta tète me réponde.] (1633-57)