Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/338

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LA NOURRICE.


J’entends à demi-mot ; achève, et m’expédie
Promptement le motif de cette maladie 255.


MÉLITE.


Si tu m’avois, Nourrice, entendue à demi,
Tu saurois que Tircis…


LA NOURRICE.


Tu saurois que Tircis…_Quoi ? son meilleur ami !
N’a-ce pas été lui qui te l’a fait connoître ?


MÉLITE.


Il voudroit que le jour en fût encore à naître ;
Et si d’auprès de moi je l’avois écarté 256,
Tu verrois tout à l’heure Éraste à mon côté.


LA NOURRICE.


J’ai regret que tu sois leur pomme de discorde ;
Mais puisque leur humeur ensemble ne s’accorde,
Éraste n’est pas homme à laisser échapper ;
Un semblable pigeon ne se peut rattraper :
Il a deux fois le bien de l’autre, et davantage.


MÉLITE.


Le bien ne touche point un généreux courage.


LA NOURRICE.


Tout le monde l’adore, et tâche d’en jouir.


MÉLITE.


Il suit un faux éclat qui ne peut m’éblouir.


LA NOURRICE.


Auprès de sa splendeur toute autre est fort petite 257.


255. Var. [Promptement le motif de cette maladie.]
mél. Tirsis est ce motif. la nourr. Ce jeune cavalier!
Son ami plus intime et son plus familier !
[N’a-ce pas été lui qui te l’a fait connoître ?] (1633-57)

256. Var. Et si dans ce jourd’hui je l’avois écarté,
Tu verrois dès demain Éraste à mon côté.
la nourr. J’ai regret que tu sois la pomme de discorde. (1633-57)

257. Var. Auprès de sa splendeur toute autre est trop petite, (1633-57)