Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/342

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CLORIS.


Quand il n’en auroit point de plus justes raisons,
La parole donnée, il faut que l’on la tienne.


MÉLITE.


Cela fait contre vous : il m’a donné la sienne.


CLORIS.


Oui ; mais ayant déjà reçu mon amitié,
Sur un vœu solennel d’être un jour sa moitié 271,
Peut-il s’en départir pour accepter la vôtre ?


MÉLITE.


De grâce, excusez-moi, je vous prends pour une autre,
Et c’étoit à Cloris que je croyois parler.


CLORIS.


Vous ne vous trompez pas.


MÉLITE.


Vous ne vous trompez pas._Donc, pour mieux me railler 272,
La sœur de mon amant contrefait ma rivale ?


CLORIS.


Donc, pour mieux m’éblouir, une âme déloyale 273
Contrefait la fidèle ? Ah ! Mélite, sachez
Que je ne sais que trop ce que vous me cachez.
Philandre m’a tout dit : vous pensez qu’il vous aime ;
Mais sortant d’avec vous, il me conte lui-même
Jusqu’aux moindres discours dont votre passion
Tâche de suborner 274 son inclination.


MÉLITE.


Moi, suborner Philandre ! ah ! que m’osez-vous dire !


CLORIS.


La pure vérité.


271. Var. Sur un serment commun d’être un jour sa moitié. (1633-57)

272. Var. Vous ne vous trompez pas._Doncques, pour me railler. (1633-57)

273. Var. Doncques, pour m’éblouir, une âme déloyale. (1633-57)

274. Voyez plus haut, p. 194, note 3.