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ACTE V.


――――――


SCÈNE PREMIÈRE.


CLITON, la Nourrice.



CLITON.


Je ne t’ai rien celé : tu sais toute l’affaire.


LA NOURRICE.


Tu m’en as bien conté ; mais se pourroit-il faire
Qu’Éraste eût des remords si vifs et si pressants
Que de violenter sa raison et ses sens ?


CLITON.


Eût-il pu, sans en perdre entièrement l’usage,
Se figurer Charon des traits de mon visage,
Et de plus, me prenant pour ce vieux nautonier,
Me payer à bons coups des droits de son denier ?


LA NOURRICE.


Plaisante illusion !


CLITON.


Plaisante illusion !_Mais funeste à ma tête,
Sur qui se déchargeoit une telle tempête,
Que je tiens maintenant à miracle évident
Qu’il me soit demeuré dans la bouche une dent.


LA NOURRICE.


C’étoit mal reconnoître un si rare service.


ÉRASTE, derrière le théâtre 319.


Arrêtez, arrêtez, poltrons !


319. Var. Derrière la tapisserie. (1633-57) — Il est derrière le théâtre. (1663 en marge.)