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CLITON.


Arrêtez, arrêtez, poltrons !_Adieu, Nourrice :
Voici ce fou qui vient, je l’entends à la voix ;
Crois que ce n’est pas moi qu’il attrape deux fois.


LA NOURRICE.


Pour moi, quand je devrois passer pour Proserpine 320,
Je veux voir à quel point sa fureur le domine.


CLITON.


Contente à tes périls ton curieux désir 321.


LA NOURRICE.


Quoi qu’il puisse arriver, j’en aurai le plaisir.


SCÈNE II.


ÉRASTE, la Nourrice.



ÉRASTE322.


En vain je les rappelle, en vain pour se défendre
La honte et le devoir leur parlent de m’attendre 323 ;
Ces lâches escadrons de fantômes affreux
Cherchent leur assurance aux cachots les plus creux,
Et se fiant à peine à la nuit qui les couvre,
Souhaitent sous l’enfer qu’un autre enfer s’entr’ouvre.
Ma voix met tout en fuite, et dans ce vaste effroi 324,
La peur saisit si bien les ombres et leur roi,
Que se précipitant à de promptes retraites,
Tous leurs soucis ne vont qu’à les rendre secrètes.
Le bouillant Phlégéthon, parmi ses flots pierreux,


320. Var. Et moi, quand je devrois passer pour Proserpine. (1633-63).

321. Var. Adieu; soûle à ton dam ton curieux désir. (1633-57)

322. Var. éraste, l’épée au poing. (1633-57) — L’épée à la main. (1660)

323. Var. La honte et le devoir leur parle de m’attendre. (1657)

324. Var. La peur renverse tout, et dans ce désarroi
Elle saisit si bien les ombres et leur roi. (1633-57)