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ACTE IV, SCÈNE I. 33i

PYMANTE.

Ne songez plus, Madame, à rejoindre les morts* ; Pensez plutôt à ceux qui n'ont point d'autre envie - Que d'employer pour vous le reste de leur vie ; Pensez plutôt à ceux dont le service offert Accepté vous conserve, et refusé vous perd. looo

DORISE.

Crois-tu donc, assassin, m'acqucrir par ton crime ?

Qu'innocent méprisé, coupable je t'estime ?

A ce compte, tes feux n'ayant pu m'émouvoir.

Ta noire perfidie obtiendroit ce pouvoir^?

Je chérirois en toi la qualité de traître, ioo5

Et mon affection commenceroit à naître

Lorsque tout l'univers a droit de te haïr ?

PYMANTE.

Si j'oubliai l'honneur jusques à le trahir,

Si pour vous posséder mon esprit, tout de flamme,

N'a rien cru de honteux, n'a rien trouvé d'Infàme, loio

Voyez par là, voyez l'excès de mon ardeur :

Par cet aveuglement jugez de sa grandeur.

DORISE.

Non, non, ta lâcheté, que j'y vois trop certaine,

N'a servi qu'à donner des raisons à ma haine.

Ainsi ce que j'avois pour toi d'aversion ioi5

Vient maintenant d'ailleurs que d'inclination :

C'est la raison, c'est elle à présent qui me guide

Aux mépris que je fais des flammes d'un perfide.

PYMANTE.

Je ne sache raison qui s'oppose à mes vœux, Puisqu'ici la raison n'est que ce que je veux, 1020

��1. Var. Belle, ne songez plus à rejoindre les morts. (i632) Var. Ne songez plus, Dorise, à rejoindre les morts. (iGW-ôy)

2. Var. Pensez plutôt à ceux qui vivants n'ont envie. (1682-57)

3. Var. Ton perfide attentat obtiendroit ce pouvoir .>• (1632-57)

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