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CCLXXIII. — Mars 1642. 547

Page 545, 1. 10. — Parmi les lettres MSS. à Mersenne, on en trouve une du P. Jean Du Relle (ou Durkl), Religieux Minime de la Province de Lyon, datée du 26 lévrier 1642, qui contient tout un alinéa, le second, sur le Concile de Constance, à propos de Descartes. C’est certainement la lettre à laquelle le philosophe fait allusion. En outre, il semble viser, dans le paragraphe précédent, un autre alinéa de Durel, le sixième. D’ailleurs, presque toute la lettre du Minime se rapporte aux Méditations; on peut donc croire que Mersenne l’envoya à Descartes, c’est pourquoi nous la donnons ici. Durel renvoie seulement aux pages de la 1re édit. (1641); nous y joindrons celles de la 2e édit. (1642).

« Mon R. Pere, »

«... l’aduoüie que Des Cartes a un grand esprit, et est si abstraict et

» vole si haut, que mon esprit grossier et pesant ne le suivra jamais. Si on

» estoit enuieux et marry de ce qu’il baille des preuves extraordinaires de

» l’existence de Dieu et de l’immortalité de l’ame, vous sériés coulpable

» de ce crime, veu que non seulement vous aués contredit a son raisonnement,

» mais vous aués poussé les autres a le faire, s’il est vray ce que

» dit Des Cartes (en marge : p. 494; ou 2e édit., p. 407-408]. Si la

» hauttesse et sublimité de son esprit est cause qu’on ne l’a pas approuvé,

» il est a craindre que l’imprimeur ne perde a le debiter, si toutefois

» l’autheur ou quelcun de ses amys ne l’a fait imprimer a ses frais.

» Et de plus ses abstractions seront causes de praticquer ce que dit un ancien d’un autre:

» quandoquidem non vult intelligi, omittatur. »


« Pour le Concile de Constance, ie sçay bien que il n’est pas approuué,

» en ce qu’il dit que le Concile est par dessus le pape; mais si est bien, en

» ce qui est de la condemnation de Vuiclef, qui, en son article second,

» tenoit que les accidens eucharistiques, lesquels sont appelés par quelques

» Peres antitypes, estoient inherens au corps de Jesus Christ, comme

» vous pourrés voir en la session 8, selon que ie l’ay veu récemment dans

» Curanza et Dominique Solo [en marge : I. dise. 10, et 2. a. I.). Car

» maintenant ie n’ay icy aucun liure. Peut estre l’expliquera il, comme il

» fait le Concile de Trente, en la page 352 [ou p. 289. 2e édit.). »



« Ie sçay bien que cogitatiua et virtus et potentia, et facultas cogitandi

» est la mesme chose ; mais ie demandois que il prouuat qu’elle n’est point

» aux bestes, comme il dit en quelque endroit [en marge : p. 572, ou

» 2e édit., p. 472). Est-ce dans la page 177 [2e édit., p. 145) ? Pour ce qui

» est de l’opinion que les animaux n’ont point d’ames, et qu’ils ne se

»remuent que comme des automates, ou neuropastes, et machines

artificielles,

» comme vous luy reprochés en la page 555 (2e édit., p. 457), le

» tirés vous de ses Meditations, ou des obiections quatriesmes [en marge :

» p. 320, et seq., ou 2e édit., p. 263, etc.)? Toutefois, en la page 573

» {2e édit., p. 473), il ne nie point que les animaux n’ayent une ame;

» et quand il le voudroit, il ne le pourroit. Le temps ne permet pas

» maintenant d’en desduire les raisons; je vous demande seulement que