Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, V.djvu/239

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Monsieur Descartes,

le vous parlais, en ma dernière, d’vne perfonne qui, fans auoir failly, ejîoit en danger de perdre la bonne opinion & peut ejire la bienueillance de la plufpart de fes amis^. 5 Maintenant elle s’en trouue deliuré d’vne fajfon ajfer^ ex- traordinaire, puifque cett’ autre ^, à qui elle auoit mande le tems qu’il lui falloit pour fe rendre auprès d’elle, luy répond qu’elle l’auroit bien attendue, Jî fa fille’^ n’eut changé de refolution, iugeant qu’on trouueroit mauuais

10 qu’elle feroit approchée de f près par gens de différente religion. C’efl vn procédé qui, a mon auis, ne répond pas aux louanges que vofre ami’^ donne à celle qui s’enfert, au moins s’il efl entièrement fien & ne vient pas, comme ie le foupçonne, de iefprit faible de fa mère, qui a efîé

1 5 accompagnée, depuis que cette affaire efl fur le tapis, d’vne soeur^ qui tient fa subsistance du parti contraire à la maifon de la perfonne fuf mentionnée, Vojlre ami vous en pourrait

1 2 voftre] noftre [F. de C).

a. Voir ci-avant, p. 210, 1. 14.

b. La reine douairière de Suède, Marie-Eléonore de Brandebourg.

c. Christine, reine de Suède.

d. Chanut.

e. Marie-Eléonore de Brandebourg avait deux sœurs. La cadette, Catherine, née le 28 mai 1602, mariée le 12 janv. 1626 au prince de Transylvanie, Bethlen Gabor, qu’elle perdit en 1629, remariée en 1639 au duc de Saxe-Lauenbourg, mourut le 27 août 1649. L’aînée, Anne-Sophie, née le 17 mars iSgS, épousa le 4 sept. 1614 Frédéric-Ulric, duc de Brunswick et de Wolfenbuttel, qui mourut le 11 août 1634, sans enfant, et laissant ses Etats à Auguste de Brunswick-Lunebourg, dont il a été question ci-avant, t. IV, p. 58o et p. Sgi; elle vécut jusqu’en 1660. II s’agit certainement de cette dernière, veuve d’un mari qui avait suivi, pendant la guerre de Trente ans, le parti du roi de Danemark, puis de l’empereur, tandis que les deux époux de Catherine firent la guerre à celui-ci, comme alliés des protestants.