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Se fâcher tout le jour d’une fâcheuse chasse,
Voir un brave taureau se faire un large tour,
Étonné de se voir tant d’hommes alentour,
Et cinquante piquiers affronter son audace :
Le voir en s’élançant venir la tête basse,
Fuir et retourner d’un plus brave retour,
Puis le voir à la fin pris dans quelque détour,
Percé de mille coups ensanglanter la place :
Voir courir aux flambeaux, mais sans se rencontrer,
Donner trois coups d’épée, en armes se montrer,
Et tout autour du camp un rempart de Tudesques :
Dresser un grand apprêt, faire attendre longtemps,
Puis donner à la fin un maigre passe-temps :
Voilà tout le plaisir des fêtes Romanesques.
Cependant qu’au palais de procès tu devises,
D’avocats, procureurs, présidents, conseillers,
D’ordonnances, d’arrêts, de nouveaux officiers,
De juges corrompus, et de telles surprises :
Nous devisons ici de quelques villes prises,
De nouvelles de banque, et de nouveaux courriers,
De nouveaux Cardinaux, de mules, d’estafiers,
De chapes, de rochers, de masses, et valises :
Et ores, Sibilet, que je t’écris ceci,
Nous parlons de taureaux, et de buffles aussi,
De masques, de banquets, et de telles dépenses :
Demain nous parlerons d’aller aux stations,
De motu-proprio, de réformations,
D’ordonnances, de brefs, de bulles, et dispenses.
Nous ne sommes fâchés que la trêve se fasse :
Car bien que nous soyons de la France bien loin,
Si est chacun de nous à soi-même témoin
Combien la France doit de la guerre être lasse.