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VII
ET L’HÔTEL DE CLUNY

d’Amboise, entre autres du cardinal ; la plupart sont à genoux, avec les habillements de leur siècle très singuliers et bien sculptés[1].

» L’autel est placé contre le mur du jardin qui est ouvert dans le milieu par une demi-tourelle en saillie, formée par de grands vitraux dont les vitres, assez bien peintes, répandent beaucoup d’obscurité.

» En dedans de cette tourelle, devant l’autel, on voit un groupe de quatre figures, de grandeur naturelle où la sainte Vierge est représentée tenant le corps de Jésus-Christ détaché de la croix et couché sur ses genoux ; ces figures sont d’une bonne main et fort bien dessinées pour le temps. On y voit encore, comme dans tout cet hôtel, un nombre infini d’écussons avec les armoiries de Clermont et beaucoup de coquilles et de bourdons, par une froide allusion au nom de Jacques. On montre dans la cour de cet hôtel le diamètre de la cloche appelée Georges d’Amboise, qui est dans une des tours de la cathédrale de Rouen, et qui est tracé sur la muraille de cette cour, où l’on assure qu’elle a été jetée en fonte[2].

Plus tard, dans les premières années du xixe siècle, les membres composant l’administration du département de la Seine aliénèrent la maison de Cluny, qui passa successivement en la possession du sieur Baudot, médecin, ex-législateur, puis enfin de M. Leprieur, l’un des doyens de la librairie moderne.

Ce fut à cette dernière époque, en 1833, qu’un amateur infatigable des monuments des siècles passés, M. du Sommerard, fit choix de ce vieux manoir pour servir d’asile aux précieuses collections d’objets d’art du moyen âge et de la renaissance, réunies par ses soins pendant quarante années de recherches et d’études.

À la mort du célèbre antiquaire, et sur le vœu exprimé

  1. Ces figures, disparues à la fin du xviiie siècle, ont été retrouvées en 1844 pendant le cours des travaux d’installation du Musée ; elles avaient été placées par fragments et hachées pour former un mur dans la salle basse située au-dessous de la chapelle ; ce mur, composé entièrement de ces fragments, avait pour but de dissimuler le charmant escalier qui décore cette salle, et dont la découverte ne date que de ce jour.
  2. Voir la note page XI.