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XXVII
SUR L’ÉTAT DES COLLECTIONS

pour celles des poids des villes de France, aussi bien que pour ces mille objets usuels, tels qu’ustensiles de table, de chasse, de toilette, aussi intéressants par leur forme et leurs dispositions que précieux pour l’histoire des mœurs et des coutumes du temps passé.

Parmi les acquisitions de date relativement récente, il importe de signaler celle de la collection des voitures et harnais pour laquelle une remise spéciale a été construite dans la partie du jardin qui touche à la rue du Sommerard. Là sont réunis les beaux carrosses d’apparat couverts de figures et d’ornements dorés, les traîneaux en forme d’animaux chimériques, les chaises à porteurs, les sédioles et les corricolos du xviie siècle, avec leurs harnais et leurs attributs au grand complet, collection à peu près unique et qui, dès son installation, a vivement captivé l’intérêt du public et des étrangers qui visitent le Musée.

Il est en outre une section qui mérite une mention toute spéciale, c’est celle qui comprend les œuvres de la Céramique. La collection des faïences réunies à l’Hôtel de Cluny était déjà remarquable par le nombre et par l’importance des pièces mises sous les yeux du public. Mais des acquisitions considérables ont été faites dans ces dernières années et il n’est plus aujourd’hui, sans parler des grands et magnifiques bas-reliefs de la famille des Robbia, acquis par le Musée, une seule des fabriques en honneur aux xve et xvie siècles qui ne s’y trouve représentée par de précieux spécimens : les faïences d’Urbino, de Pesaro, de Gubbio, de Castel Durante, de Faënza, de Deruta, de Caffagioli, de la Frata et de Castelli ont pris place à côté des œuvres de Palissy, des grès d’Allemagne et des premiers ouvrages de Rouen, de Nevers et d’Avignon.

Cette collection s’arrêtait au commencement du xviie siècle ; une nouvelle série a été ouverte pour les productions de la céramique française des xviie et xviiie siècles si recherchée aujourd’hui, et une salle spéciale leur a été consacrée. Quatre cent quarante-cinq pièces des fabriques de Rouen, de Nevers, de Moustiers, de Lille, de Paris, de Strasbourg, de Clermont, de Sceaux, de Marseille, réunies par M. Le Véel, statuaire et collectionneur habile, ont été acquises et ajoutées à celles que possédait déjà l’Hôtel de Cluny, et cette importante collec-