Page:Dumas - Gabriel Lambert, Meline, 1844.djvu/183

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« — Et mon père ! m’écriai-je, mon père, que cette nouvelle fera mourir de chagrin !

« — On ne meurt pas de chagrin, dit Thomas Lambert ; mais on souffre beaucoup, et il est inutile de faire souffrir le pauvre homme : sous un prétexte quelconque, Marie ira demeurer un mois chez ma sœur, qui habite Caen, et son père ne saura rien de ce qui sera arrivé pendant ce temps-là.

« Tout s’accomplit comme il avait été convenu.

« J’allai passer un mois chez la sœur de Thomas Lambert, et, pendant ce mois, je donnai le jour au malheureux enfant qui dort sur ce fauteuil.

« Mon père ignora toujours ce qui m’était arrivé, et le secret me fut si bien gardé que tout le monde dans le village l’ignora comme lui.

« Cinq ou six mois s’écoulèrent sans que j’entendisse parler de rien ; mais enfin un matin le bruit se répandit que le maire arrivait de Paris, et que pendant ce voyage il avait rencontré Lambert.

« On racontait, à l’appui de cette rencon-