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DE GUSTAVE FLAUBERT. 101 l’air est vit`, le vent chante dans les trous des montagnes. ' Le pâtre y sifHe seul ses chiens vagabonds, la · oitrine ouverte y respire ai l’aise et l’air est em— baume de l’odeur du méleze. Qui me rendra les brises de la Mediterranée? car _sur ses bords le cœur s’ouvre , le myrte embaume , le Hot murmure. Vive le soleil, vivent les orangers, les palmiers, I les lotus, les nacelles avec des banderoles, les pavillons frais, pavés de marbre, ou les lambris exhalent l'amourl _ O! si j'avais une tente Faite cle joncset de bam- bous au bord du Gange, comme j’écouterais toute la nuit le bruit du courant dans les roseaux, et le roucoulement des oiseaux qui perchent sur des A arbres jaunesl Mais, nom de Dieu! est-ce que jamais je ne marcherai avec mes pieds sur le sable de Syrie? - quand l'horizon rouge éblouit, quand la terre s enlève en spirales ardentes et que les aigles planent dans le ciel en feu. Ne verrai-je jamais les nécropoles embaumées où les hyènes gla issent, nichées sous les momies des rois, quandp le soir arrive, al'heure où les chameaux s’asseoient pres des citernesl On les entend roter et fienter. Dans ces pa s-là, les etoiles sont uatre Fois larges comme lés nôtres, le soleil yqbrûle, les _ Femmes s’y tordent et bondissent dans les baisers, sous les étreintes. Elles ont aux pieds, aux mains, des bracelets et des anneaux d’or, et des robes en gaze blanche. I Seulement, quelquefois, quand le soleil se ‘ couche, je songe que j’arrive tout à coup ai Arles; le crépuscule illumine le cirque et dore les tom-