Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 1.djvu/329

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DE GUSTÀVE FLAUBERT. » 281 été un cri d’avertissement pour toi; et lorsque l’en- traînement nous a saisis ensemble dans son tour- billon, je n’ai cessé de te dire de te sauver, quand ' il en était tempsencore. Etait-ce de la vanité cela? Etait—ce de Vorgueil ? N’aurais-je pas pu au contraire mentir, me grandir, me dresser, me faire sublime ? Tu m`aurais cru tell · - Cest alors que tu aurais cru queiétais bon, _ parce que j’aurais été hypocrite. ‘ Mais que te dire? que Faire? Je m’y perds. ll me faut du courage pour t’écrire, persuadé chaque Fois que tout ce que ie t’écris te blesse. Les ca- resses que les chats donnent a leur femelle les en- sanglantent et ils s'écl1angent des coups au milieu ` _de leurs plaisirs. Pourquoi y reviennent—ils? La nature les y pousse. Je suis donc de même : chaque parole de 1noi est une blessure que je te fais; chaque élan de tendresse est pris comme un ou- ‘ . trage. Alu ma pauvre Femme chérie! je ne m’at-» 4 tendais pas à tout cela, même dans laprévision la plus éloignée des inlortunes possibles. As—tu pu penser que si tu avais un enfant de moi je t’en aimerais moins? Mais je t’en aimerais plus au contraire, mille Fois plus. Ne me serais-tu pas plus attachée par la douleur, [par la reconnais- sance et par la pitié même? Ce ernier mot—la te choque encore eut-être. Mais ne le prends pas à son sens banal) et étroit. Prends-le par ce qu’il . porte en lui de plus intime, de plus ému, et cle plus désintéressé! Tu penses qu’à cause de cette appréhension continuelle d’une.rupture_qui peut résulter d’une minute clégarement il n’y aura plus entre nous ni entraînement ni ivresse? Au con- traire : c’est cet entraînement pour moi qui trouble ,

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