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DE GUSTAVE FLAUBERT. gg 1 pour divers arrangements de notre logement d'hiver et je voulais t’écrire ce soir tout a mon aise une lettre que j’aurais mise a la poste avant II heures, pour qu’elle Farrivât le soir. Mais je n’irai pas demain.Tous ces dérangements m’assom- ment. Aussi je me dépêche bien vite de t’envo_yer quelques bons baisers pendant que le domestique s’apprête. Merci de l`envoi de ce matin. lattendais ` le Facteur sur le quai, sans en avoir .l’air, et tout en fumant. Ce bon Facteur! Je lui fais donner à la _ cuisine un verre de vin pour le rafraîchir; il aime beaucoup la maison et est trés exact. Hier il ne m’a · rien apporté; il n’a rien eu! Tu m’envoies tout ce que tu peux trouver pour flatter mon amour; tu me jettes, a moi, tous les hommages que tu reçois. l’ai lu la lettre de Platon avec toute l’intcnsité dont- mon intelligence est susceptible; j’_y ai vu beau- _ coup, énormément. Le fond du cœur de cet homme-la, quoi qu'il fasse pour le montrer calme, est Froid et vide; sa vie est triste et rien n'y ra onne, j’en suis sûr. Mais il t'a beaucoup aimée et illfaime encore d’un amour profond et solitaire; cela lui durera longtemps. Sa lettre m’a Fait mal; j’ai dé- couvert jusqu’au Fond l’intérieur de cette existence blafarde, remplie de travaux conçus sans enthou- · siasme et exécutés avec un entêtement enragé qui, seul, le soutient. Ton amour y jetait un peu de I · joie, il s'y cramlponnait avec l'appétit que les vieil- lards ont pour a vie. Tu étais sa derniére passion A et la seule chose qui le consolat de lui-méme. ll . est, je crois, jaloux de Béranger; la vie et la gloire de cet homme ne doivent pas lui plaire. Le hilo- _ sophe, d'ordinaire, est une espèce d’être dâtard — entre le savant et·le poete, et qui porte envie