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DE CUSTAVE FLAUBERT. [2.3 · retour des pèlerins de la Mecque qui doit avoir lieu dans vingt—cinq iours environ. Nous allons , visiter le Caire soigneusement et nous piéter à tra- . T vailler tous les soirs, chose que nous n’avons pas V encore faite. Vers le 1°’ janvier, nous nous mettrons dans une cange et nous remonterons le Nil pen- I dant six semaines, apres quoi nous le descendrons et reviendrons ici. Tout ce voyage de la Haute- Egypte est excessivement facile et sans le moindre dan er d’aucune espèce, surtout en cette saison, V ou îs chaleurs sont loin cl’être excessives. Ainsi _ tu peux, des maintenant, changer d'opinion rela- tivement au climat de lllîgypte. Il fait des brouil- lards le soir tout comme ailleurs. Les nuits sont froides (quoique les domestiques, les esclaves plutôt, dorment dans' la rue par terre, devant les portes) et l°on y voit des nuages. A entendre, en ` W France, certaines gens, l’Egypte est un véritable four. D’accord, mais il tiédit quelquefois. Si tu veux, pauvre vieille, avoir l’inventaire de ce que ie porte sur le corps (Cl’apres le conseil unanime — des gens sensés), voici comment je suis vêtu : cein- ` ture de Hanelle, une chemise de llanelle, un cale- " çon de Hanelle, pantalon cle drap, gros gilet, grosse cravate et paletot par—dessus ma veste le soir et le matin. J e suis rasé et porte le tarbouch rouge avec les deux petits bonnets blancs en dessous. ' Tout ce qui estofficier, militaire, ou employé de l’administration porte la redingote de Con- stantinople, c’est—a-dire la nôtre, avec le tarbouch. Comme robe., de chambre, fai acheté hier une chemise de Nubie qui m’a coûté cinquante sols et qui est cl’un grand chic. Pourune vingtaine de Francs on peut avoir des robes de chambre en soie. Un