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DE GUSTAVE FLAUBERT. 273 .l’ai été joyeux tout de bon, hier, en apercevant l’Acropole qui brillait en blanc au soleil, sous un ciel chargé de nuages. Nous passions devant Co- lone, nous avions E ine a gauche, Salamine en face. Maxime, géné du mal de mer, râlait dans sa cabine. Le temps était rude. A l`avant, avec mon lorgnon sur le nez, à côté de la cage aux poulets, ` debout et regardant devant moi, je me laissais - aller a de « grandes pensées ». Sans blague aucune, j’ai été ému plus qu’à Jérusalem, je ne crains pas ·de le dire, ou du moins d’une façon plus vraie, ou le parti pris avait moins de partslci ciétait plus pres de moi, plus de ma famille. C'est peut-étre. aussi que je m’y attendais moins. Voila l'éternel monologue hébété et admiratif que je me disais en considérant ce petit coin de terre, au milieu des hautes montagnes qui le dominent : «C'est egal, il îest sorti de la de crânes bougres, et de _ crânes c oses.>> Nous allons la semaine prochaine commencer nos courses aux Thermopyles, Sparte, Argos, Mycénes, Corinthe, etc. Ce ne sera guère qu’un · voyage de touriste (ohll) : il ne nous reste ni temps ni argent. ll a fallu pour le même motif , passer par-dessus la Troade. Constantinople nous ` a dévorés. .l’aurais bien voulu voir aussi la Thes- salie. .l\/lais il faut quitter Golconde; c’est- fini. .l’ai P eté triste a crever en disant adieu a Constantinople. A Encore une porte fermée derriere moi. Encore une bouteille d’avalée. Jléprouve depuis six se- maines des appétits féroces de voyage, justement parce que mon voyage finit. Je me désespère d'avo1r manqué la Perse. N'y pensons plus. . lfhomme n'est jamais satisfait de rien; maxime n. g8