Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/14
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8 CORRESPONDANCE manque le plus, a toi? le discernement. On en ac- quiert en se mettant des éponges d’eau froide sur la tête, chère sauvage. Tu fais et écris un peu tout ce qui te passe par ‘ la cervelle, sans t’inquiéter de la conclusion; té- moin la piece des Fantômes U). Cétait une belle .idée et le début est magistral, ” mais tu l°as ereintée a plaisir. Pourquoi la femme spéciale, au lieu de la femme en général? Il Fal- lait, dans la première partie, montrer l’indiH`érence de lihomme et, dans la seconde, l’impressi0n morne de la Femme. Si ses fantômes sont plus nets, c’est qu'ils ont passé moins vite; c’est qu'elle a aimé et que l'l1omme n’a fait que jouir. Chez l’un c’est froid, chez l’autre c’est triste. II y a oubli chez l’un et rêve chez l’autre, étonnement et re- gret. Cest donc ai reiaire. — — ` Voila que tu deviens bonne. Ce qui t’est per- sonnel est plus iaible maintenant que ce qui est imaginé (tu as été 'moins large en parlant de la femme que de l’luomme). .l'aime ça, que l’on com- — prenne ce qui n’est pas nous; le génie n’est pas autre chose, ma vieille : avoir la faculté de travail- C ler d’ap1·es un modele imaginaire qui pose devant nous. Quand on le voit bien, on le rend. - . La forme est comme la sueur de la pensée; quand elle s’agite en nous, elle transpire en poésie. · .le reviens aux Fantômes. Je garderais jusqu’au § ni et je i`erais un parallélisme plus serré. ll Faut aussi que l’0n sente plus nettement les deux voix qui parlent. En un mot ta piece (telle qu’elle est) W Voir ce poème à l’Appen<lice. i