Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 4.djvu/229

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DE GUSTAVE FLAUBERT. zz 3 _ tranquillité et de votre avenir. Soyez-en sûre! ne i souffrez pas pour les autres. Allez! c’est une folie. r Nous avons tous notre croix. Portons-la le plus noblement possible et le plus légérement. Toute la vertu est là. Ce conseil d'égoïste a sa raisonen ‘ ceci : a savoir que les autres sont rarement dignes de nous. Les gens d’une certaine nature n'ont point la sotte prétention de n’être jamais dupes, je le sais. On fait le bien par respect pour soi-méme encore plus que par amour des autres. «Tant pis pour eux », se dit—on et la conscience, plus fiere, _ respire plus a l’aise. Mais il y a loin de là à une véritable immolation quotidienne, à`un`sacrifice permanent. Permettez—moi encore une simple question que vous vous poserez a vous-même: n’y a-t-il pas dans ce dévouement un peu de fai- blesse, de -laisser-aller (comme disent les bour- ` geoises), de découragement enfin? Vous n’êtes pas une bourgeoise, vous, et moi qui crois tant . aux races, je trouve la cause de cette grandeur noncbalante dans votre_ sang patricien. Vous pra- I tiquezsla vertu la plus rare du siecle, celle qui est la plus antipathique a son _génie : l’bospitalité! Vous avez encore une maison (dans toute la ri- gueur du sens moral), tandis qu’on n°a plus que es lo ements. Je iie vous ai jamais parlé de ma vie matérielle ' à moi, et comme vous ne m’adressez nulle ques- ' tion à cet égard, ie vous soupçonne d’y mettre de la délicatesse; mais confiance oblige. · Je vis avec ma mère et avec une nièce (la fille d’une sœur, morte a vingt ans) dont je fais l'édu- cation. Quant a l’argent, j’en ai ce qu’il faut pour vivre à peu près, car j’ai de grands goûts de dé- '

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