Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 4.djvu/28

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22 CORRESPONDANCE · sonne, dans telle circonstance donnee. Il y a la un~ rapport de tons et de lignes qu’il Faut saisir. Les prandes coquettes sp entendent et, pas plus que es vrais dandys, e les ne s’habillent daprès le , journal de modes. Eh bien, c’est de cet art-la qu’un journal de modes, pour étre neuf` et vrai, doit parler. Etudier, par exemple, comment Véro- nèse habille ses blondes, quels ornements il met au cou de ses négresses, etc. N’y a-t-il pas des toilettes décentes, n'y en a—t-il pas de libidineuses · comme d’élégiaques, et d’émoustillantes ? De quoi · ·cet eH`et-ladépend-il? D’un rapport exact, qui vous échappe, entre les traits et l’expression du visage et l`accoutrement. Autre considération, le rapport du costume à l’action, et de cette idée d’utilité souvent même dérive le Beau; exemple : majesté des costumes sacerdotaux. Le geste de la béné- diction est stupide sans manches larges. L’Orient se démusulmanise par la redingote. lls ne peuvent lus Faire leurs ablutions, les malheureux, avec leurs parements boutonnés! De méme que l’intro— duction du sous·pied leur Fera abandonner tôt ou tard l'usage du divan (et peut-être celui du ha- rem, car lesdits pantalons ont aussi des braguettes boutonnees. A propos de Yimportance des bra- guettes, voir le grand Rabelais.) Quant au sous- pied, il est chassé de France maintenant, par suite de l’extension et de la rapidité des affaires commerciales. Remarquer que ce sont les bour- siers qui Ont les premiers porté la guêtre et le · soulier; le sous-pied les génait pour monter en A courant les marches de la Bourse, etc., etc. Enfin y a—t-il rien de plus stupide que ce bulletin de modes disant les costumes gue 'l’on a portes lase-

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