Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/42
3 6 CORRESPONDANCE lfobservation est une qualité secondaire en litté- rature, mais il n’est pas permis de peindre si faus- sement la société quand on est le contemporain de Balzac et de Dickens. C’était un bien beau sujet pourtant, mais quel calme il aurait fallu et quelle envergure scientifique! ll est vrai que le pere Hugo méprise la science et il le prouve. Confirme cn mon esprit Descartes ou Spinoza. La postérité ne lui pardonnera pas, ai celui-là, d'avoir voulu être un penseur, malgré sa nature. Où la rage de la prose philosophique l’a—t-elle conduit 'Z Et quelle philoso hie I Celle de Prucl'l1omme, du bonhomme âichard et de Bé- ran er. II n’est pas plus penseur que Racine ou La gFontaine qu’il estime médiocrement; c'est- à-dire qu'il résume comme eux le courant, l°en— semble des idées banales de son époque, et avec une telle persistance qu’il en oublie son œuvre et son art. Voilà mon opinion ; je la garde our moi, bien entendu. Tout ce qui touche une pïlume doit avoir trop de reconnaissance à Hugo pour se per- mettre une critique; mais je trouve, extérieure- ment, que les dieux vieillissent. .l'attends votre réponse et votre colère. 7 g o. À ERNEST FEYDEAU. Entièrcmmt inédite. Mercredi [juillet 1862 Je commence ai trouver ça bête. Es-tu mort'? Dans ce cas je te dispense de me répondre.