Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 6.djvu/14

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8 coRR1zs1>oNnANcE , trouvé froid. Cest alors que, pour se justifier par devers moi, il m'a fait ces protestations d’amour « isidorienul » qui m’ont un peu humilié; car c'était me prendre pour un franc imbécile. .le crois qu'il se prépare des funérailles à la Béranger et que la popularité d'l·lugo le rend jaloux. Pourquoi écrire dans les journaux quand on peut faire des livres et qu’on ne crève pas de faim? II est loin d°étre un sage, celui-là.; il n'est pas comme vousl _ Votre f`orce me charme et me stupéfie. Je dis la force de toute la personne, pas celle du cerveau seulement. Vous me parlez de la critique dans votre der- niere lettre, en me disant qu’elle disparaîtra pro- chainement. Je crois, au _contraire, qu’elle est tout au plus à son aurore. On a pris le contre- pied de la précédente, mais rien de plus. Du temps de La Harpe, on etait grammairien; du temps de Sainte-Beuve et de Taine, on est histo- rien. Quand sera-t—on artiste, rien qu’artiste, mais bien artiste? Où connaissez-vous une critique qui s’inquiète de l'œuvre en soi, d’une façon intense? On analyse tres finement le milieu ou elle s'est produite et les causes qui l’ont amenée; mais la poétique insciente? d'ou elle résulte? sa composi- tion, son style? le point de vue de l'auteur? .lamaisl ll faudrait pour cette critique-là une grande ‘ imagination et une grande bonté, je veux dire une faculté d'enthousiasme toujours prête, et puis du (1) On a vu précédemment que lsiclorc étaitle surnom donné par Flaubert à Napoléon lll.

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