Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 7.djvu/389

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 383 nous ayant pris parla main, moi et ta mère, nous allions d’ab0rd chez M’”° Lenôtre, qui nous en- gouffrait dans son bonnet, en nous embrassant; puis chez le père Langlois, chez M. et Mm Ba- peaume, chez Mm Lormier, chez Mm Énault, et chez la mère Legras, pour finir par Mm Le Poit- tevin. Autant d'intérieurs différents et de figures que je revois nettement! La longueur des boule- vards m’ennuie encore! Nous avions nos quatre petites fesses coupées par le froid et nos dents tenaient dans les morceaux de sucre de pomme a ne pouvoir les en retirer! Quel tapage chez ton grand-pére! La porte ouverte a deux battants dès 7 heures du matin! Des cartes plein un saladier, des embrassades tout le long de la journée, etc. et demain zéro, solitude absolue! Cest comme ça! Je passerai mon temps a préparer la fin de ma seconde partie, qui sera ratée ou sublime. Je ne suis pas sans grandes inquiétudes sur Hérodias. Il y manque je ne sais quoi. ll est vrai que je n’y vois plus goutte! Mais pourquoi n’en suis-je pas sûr, comme je l’étais de mes deux autres [contes]? Quel mal je me donne! Hier, pour rafraîchir ma pauvre caboche, j’ai fait une promenade a Canteleu. Après avoir marché pendant deux heures de suite, Monsieur a pris une chope chez Pasquet où on récurait tout, pour le jour de l'an. Pasquet a témoigné une grande joie en me voyant, parce que je lui rappelle << ce pauvre M. Bouilhet », et il a gémi _ plusieurs fois. Le temps était si beau, le soir, la lune brillait si bien qu’à io heures je me suis re- promené dans le jardin << à la lueur de l’astre des nuits ». Tu n’imagines pas comme je deviens

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