Page:Flaubert - Bouvard et Pécuchet, éd. Conard, 1910.djvu/455

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


trois quarts de ses lettres familières. Pour son célèbre et merveilleux esprit, je ne trouve pas qu’il en eut tant.

En somme, tous les jugements de Voltaire sont cassés ou par la science ou par la probité ; il n’a pleinement l’admiration que des sots et pleinement l’estime que des drôles. Voltaire a fait non seulement le métier le plus vil, mais encore le plus sot du monde. Sa prose est d’ailleurs jolie.

Louis Veuillot.


Eh ! bon Dieu, qui pense aujourd’hui à Voltaire ? quelque sot ignorant, en retard d’un demi-siècle, un épicier parvenu de la rue Quincampoix peut-être, ou un maire de village qui veut faire peur à son curé.

Eugène de Mirecourt.


Il faut que l’inimitié sociale s’océanise dans la coupe de l’anarchie ; car le besoin de vérité est au fond du vase et il faut avaler jusqu’à la dernière goutte avant de pouvoir atteindre à ce sédiment si nécessaire.

Colins.


En admettant que l’hippophagie devienne générale et que les estomacs les plus délicats s’en accommodent, trouvera-t-on assez de coursiers pour défrayer nos tables ?

Adrien Marx.


Il est plus méprisable de garder rancune que les pourceaux.

Commerson.


L’alexandrin parle des vertus et des vices avec toute l’autorité convenable, c’est son vrai langage. Sous la main de Molière, il se brisait, il s’assouplissait pour suivre les détours de la conversation. On eût dit le gendarme qui, rentré dans son ménage, débarbouille ses enfants et leur trempe la soupe.

Francisque Sarcey.


De quel philtre les Parisiennes se servent-elles pour être toutes jolies au mois d’avril, même celles qui ne le sont pas ? Est-ce un don qu’elles tiennent du serpent qui les a tant aimées depuis le jardin d’Éden ?

Amédée Achard.