Page:Flaubert - Par les champs et par les grèves.djvu/329

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sa flamme pâlissante. Le pignon des halles a paru au loin, un coq a chanté ; l’orage avait fui ; quel- ques gouttes d’eau cependant tombées sur la poussière de la rue y faisaient de grosses taches rondes. Comme je m’assoupissais de fatigue, je me suis recouché et j’ai dormi.

Nous nous en allâmes fort tristes de Combourg; et puis la fin de notre voyage approchait. Bientôt allait finir cette fantaisie vagabonde que nous me- nions depuis trois mois avec tant de douceur. Le retour aussi, comme le départ, a ses tristesses an- ticipées qui vous envoient par avance la fade exha- laison de la vie qu’on traîne.

(*> La tête sur la poitrine, ne parlant pas et regar- dant sans trop la voir la route vide qui s’allongeait, nous humions l’odeur des feuilles vertes, dandinés au mouvement du cheval qui trottait dans les brancards. Aux montées quand il soufflait, on en- tendait de dessous le feuillage quelque petit oiseau qui gazouillait. Nous nous arrêtâmes au village de Hédé pour voir les ruines du château, notre guide pour boire un verre de vin blanc, notre cheval pour prendre un picotin d’avoine : à chacun sa pitance.

II ne reste du château que son enceinte rasée qui sort encore à quelque sept pieds du sol et qui forme comme un grand cirque dont on fait le tour en marchant sur les murs. De là, le paysage se déroulant semble une gigantesque nappe de ver-

(*’ Inédit, pages 329 à 332.

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