Page:Floupette - Les Déliquescences, 1885.djvu/20

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L’enfant était petit ; le pot considérable,
Et le pauvre être, avec une grâce adorable,
S’efforçant de remplir tout l’espace béant,
Avait peine à rester assis sur son séant.
Ah ! depuis j’ai bu plus d’un flacon de Bourgogne,
J’ai lu plus d’un roman de Madame Quivogne [1],
Et plus d’une charmeuse en secret m’a souri.
Mais rien n’a remué mon cœur endolori,
Comme, en cette nuit tiède et calme de décembre,
Ce petit cul noyé dans ce grand pot de chambre.


C’était bien touchant — et j’en pleure encore. — Quelques jours après, nouvelle lettre : Floupette, fatigué de la ville et des faubourgs, avait embouché les pipeaux rustiques et chaussé les gros sabots gonflés de paille, du paysan Franc-Comtois. Il était devenu poète rural ; la campagne, les bois, les champs, les foins et les seconds foins, le tirage des cuves, les beaux fumiers dorés d’un rayon de soleil, n’était-ce pas l’avenir et le salut ! Consciencieusement il pillait les chansons

  1. Marc de Montifaut.