Page:Galois - Manuscrits, édition Tannery, 1908.djvu/13

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cette ignorance était préférable ? C’est là, en vérité, des questions dont la réponse importe bien peu, non plus que la petite inexactitude du mot extrait. Il importe beaucoup plus que le texte du Mémoire de Galois ne se soit pas égaré, comme le précédent, et qu’il ait pu être remis à l’auteur, qui y a fait plusieurs remaniements : ceux-ci, le plus souvent, peuvent se distinguer par l’écriture. La conjecture de Chevalier, à savoir que « Galois a relu son Mémoire pour le corriger avant d’aller sur le terrain » (note de la page 40), est tout à fait vraisemblable.

La première page de la couverture, qui subsiste, est fort sale, tachée d’encre, couverte de gribouillages, de bouts de calcul, à l’encre ou au crayon, au recto et au verso, dans tous les sens ; quelques-unes des formules laissent supposer que Galois, en les traçant, pensait à quelque point de la théorie des fonctions elliptiques ; d’autres se rapportent à une suite récurrente.

En haut et à droite du recto on lit (écriture de Liouville) « Rapport du 4 juillet 1831 » ; puis, en titre, d’une écriture qu’il serait probablement possible d’identifier :

MM. Lacroix

MM. Poisson

commissaires

xxxxxxxxxxle 17 jer 1831

le tout suivi d’un paraphe ; en face du nom de Poisson, il y a le mot vu, d’une grosse écriture, celle de Poisson sans doute.

Au verso, entre des tâches et des calculs, Galois a écrit

Oh ! chérubins.

On peut bien supposer que cette apostrophe s’adresse à MM. Lacroix et Poisson.

Le manuscrit contient onze pages (38 × 25) ; la marge occupe la moitié de chaque page ; elle contient plusieurs notes et additions, dont les unes remontent peut-être à la première rédaction, dont les autres ont été sans doute ajoutées par Galois, lorsqu’il a revu son travail pour la dernière fois telle est assurément celle qu’a signalée Chevalier, le tragique « je n’ai pas le temps ».