Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/20

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car l’impartialité de ses historiens est assurée par un procédél infaillible plusieurs lettrés, attachés au palais impérial, écrivent chaque jour, sans se concerter et en secret, sur des feuilles volantes, toutes les actions de l’empereur, et toutes les nouvelles qu’on leur rapporte et qu’ils peuvent contrôler. Le soir, ils jettent leurs écrits dans un grand coffre scellé, percé d’une fente comme une tirelire. Jamais on n’ouvre le coffre du vivant de la famille régnante qui pourrait avoir intérêt à falsifier la vérité. Plus tard, on confronte les écrits, et on rédige les annales. pOn a coutume de dire que les Chinois ont tout inventé, tout, ou presque tout.

Quand on fouille un peu dans leur histoire, on marche de surprise en surprise.

Il y a quatre mille cinq cents ans, ils connaissaient la boussole, et s’en servaient pour se diriger sur terre, car en ces temps, il n’y avait pas de route, et les quelques chemins tracés n’allaient pas bien loin.

C’était en des chars très ornés que se cachait le mystérieux esprit qui désigne le Sud. Le Sud et non le, Nord, mais n’est-ce pas la même chose l Le prolongement de l’aiguille aimantée vers le pôle opposé. Les Chinois ne se sont intéressés qu’à la direction qu’il leur’était utile de connaître et que désignait le signe indicatif placé à l’extrêmité sud de l’aiguille. Les Chinois ont inventé l’imprimerie, sinon par les caractères mobiles, clu moins en gravant des livres qu’ils pouvaient tirer à des exemplaire illimités et cela, des siècles avant Gutemberg. Ils ont inventé la soie, il y a quatre mille cinq cents ans. r}