Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/22

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Le soir, de loin, il semble qu’un immense incendie flamboie dans la vallée, et le passant attardé, qui chemine sur les côteaux, croit voir voltiger dans les flammes le poussah de la porcelaine, celui qui, autrefois ouvrier, de King-te-Tchin n’ayant pu réussir un modèle proposé par l’empereur, se précipita dans la fournaise et s’y transforma en un vase merveilleux qui avait la couleur du ciel après la pluie, la clarté d’un miroir, la finesse d’une feuille de bambou et la résonnance d’un gong.

L’opulente ville de Fou-Tchéou, seule, fait une concurrence sérieuse à King-te-Tchin. On y fabrique en grand de faux antiques, dont on trafique ouvertement, on reproduit les genres de toutes les époques les craquelés de Ko-Yao le frère ainé, les truites de la Belle Chou, qui vivait sous les Song, les fonds grenats et veinés de rouge de l’époque des Ming, la porcelaine bleue des Tsin, la verte des Soui, les fonds blancs du VIIe siècle, les bleus célestes du Xe, les gris clair et les. blancs de lune.

Les Chinois fabriquèrent même les allumettes chimiques, mais ils ne s’en servirent guère, préférant l’antique briquet, car, et c’est là une particularité très singulière, les Chinois n’attachent pas beaucoup d’importance à la plupart de leurs inventions, ils s’en amusent quelque temps comme d’une curiosité, mais cherchent bien rarement à exploiter la trouvaille et à en tirer parti.

Bien des siècles avant Pascal, ils ont imaginé et mis en usage un véhicule portant sur une seule roue. La brouette chinoise a, il est vrai, un aspéct assez différent de la nôtre, bien qu’elle ait le même principe.