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CHAPITRE II

LE LANGAGE ET L’ÉCRITURE

Si un contemporain de l’empereur Yao, qui régnait plus de deux mille ans avant notre’ère, pouvait soulever la poussière de son tombeau et prêter l’oreille aux bruits du Monde, il comprendrait encore les paroles qui vibrent sur les lèvres du Chinois d’aujourd’hui et pourrait lire les caractères tracés par leur pinceau.

Le langage des Chinois est un des plus anciens du Monde et le seul qui, depuis des temps presque fabuleux, soit encore vivant, tandis que le Sanscrit, l’Hébreu, le Zind, le Copte, sont devenus des langues mortes, retrouvées et conservées seulement par les efforts des savants, tandis que l’on parle et l’on écrit le Chinois presque comme on le parlait dans les premiers âges du monde. Cette prodigieuse ancienneté est sans doute ce qui explique la conformation restreinte et rudimentaire de la langue parlée. Au lieu d’user des sons et articulations qui forment les autres langues, le Chinois s’en est tenu aux monosyllabes, et celà dénonce bien les premiers balbutiements de l’humanité.

Les monosyllabes qui composent la langue Chinoise sont à peu près au nombre de six cents, dont la plupart ne sont encore que les mêmes sons prononcés autrement, d’après les cinq intonations le ton uni, le ton bas,