Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/39

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gence sont universellement admirées, passa de si longues heures à méditer On ne peut croire qu’elle n’ait eu aucun rapport avec lés mélodies monotones qui constituent aujourd’hui la musique chinoise.

Une autre fois, Confucius eût connaissance d’un morceau de musique composé sous le règne de Chun, c’est-à-dire mille sept cents ans avant le temps où vivait le philosophe. C’était à la cour du roi de Tsi, lorsque Confucius entra au palais pour être présenté au souverain ce prince assistait à un concert dans lequel on exécutait ce morceau antique. Il avait pour titre : Musique qui disperse les ténèbres de l’Esprit et affermit le cœur dans l’amour du devoir." Cette fois encore, le philosophe fût profondément ému « pendant trois mois, » dit-on, le souvenir de cette musique occupa seul son esprit, il en perdit le sommeil et l’appétit.

Malheureusement, les Chinois n’ayant aucune méthode pour noter la musique, si ce n’est quelques caractères tout à fait insuffisants, les traditions devaient fatalement s’altérer et se perdre, et si l’on a pu reconstituer les règles anciennes, presque rien n’est resté des compositions primitives.

En résumé, bien que beaucoup d’obscurité enveloppe encore la musique des anciens Chinois, on peut certifier que plusieurs siècles avant les Egyptiens et les Grecs, ils possédaient un système musical parfaitement fixe, très complet, et d’une haute portée morale.

CH.