Page:Gautier - En Chine, Les arts graphiques, 1911.djvu/63

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surchargés de sculptures, d’oiseaux fantastiques,.de bêtés inconnues, de dragons tordant leur corps souple des armoires dont les portes sont découpées à jour, des étagères, des chaises, des tables, complètent la remarquable exposition du chinois Song-Sing-Kong. King-Cheng-Youn est aussi de Ning-po ; les meubles, qu’il sculpte, sont d’un tout autre genre que ceux de son compatriote et confrère chez lui, tout est doré et peint des couleurs les plus vives. Le lit, ou plutôt l’appartement qu’il offre à notre admiration, est du plus joyeux effet, il est fouillé, découpé, enluminé d’écarlate et d’or ; sur les frises, sur les colonnes courent, se battent, se reposent ou se promènent des personnages hauts comme la main, très finement sculptés et très vivants. Une sorte de petite antichambre, presque entièrement close, précède la couche oû place là une table et des chaises et les jeunes époux, en s’éveillant, après avoir fait craquer leurs doigts l’un après l’autre et s’être frotté le creux de l’estomac, ce qu’un Chinois ne manque jamais defaire-avantde se lever, prennent en tête à tête leur déjeuner du inatin. Ce lit est vendu déjà, il a été payé cinq mille francs. Les battants d’armoires, de buffets, de bahuts disparaissent sous un fourmillement de petits bonshommes, vêtus des plus beaux habits couleur d’émeraude, de pourpre, d’azur, se livrant à toutes sortes d’occupations. Le dossier d’un certain canapé, dont le forme dénonce une arrière-pensée d’exportation, nous fait assister à une réception d’ambassadeurs l’empereur apparaît au fond, tandis qu’un personnage s’agenouille sur les marches du trône, que les mandarins font la haie, et que la foule admire de chaque