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CHAPITRE IV
Coup d’œil sur l’histoire intérieure de Port-Royal ; description de la maison de Paris. — Les bienfaitrices ; les Messieurs ; les Petites Écoles.


Les années qui suivirent le triomphe d’Arnauld dans l’affaire de la Fréquente Communion furent relativement calmes ; et on peut, en attendant le retour des grands orages, suivre au lendemain de 1643 la marche ascendante de Port-Royal et de tout ce qui gravitait autour de lui.

Le Port-Royal de la Mère Angélique, occupé aujourd’hui par la Maternité, est une des curiosités du Paris actuel, et puisque les historiens ne l’ont pas décrit, il faut en donner brièvement une idée aussi exacte que possible. C’est en 1626 que l’abbesse, ne pouvant plus loger aux Champs une communauté trop nombreuse que les fièvres décimaient, résolut de transporter à Paris ses quatre-vingts filles. On acheta au sud de la ville, à l’extrémité du faubourg Saint-Jacques, dans un quartier si paisible que Colbert pourra bientôt y installer l’Observatoire et ses instruments de haute précision, une vaste maison avec grand jardin qui était séparée du grand couvent des Carmélites par la petite rue de la Bourbe. L’hôtel de Clagny, tel était le nom de la maison achetée par Mme Arnauld la mère, fut occupé par les religieuses, qui s’y trouvaient fort à l’étroit, dès 1626. Une première bienfaitrice, Mme de Pontcarré, donna 80.000 écus