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histoire du mouvement janséniste

tions particulières plus ou moins importantes ; par les hôtels et par les logis du chevalier de Sévigné, de la marquise d’Aumont, de la duchesse d’Atrie, de Mlle Gadeau, etc. L’hôtel de Mme d’Aumont est aujourd’hui occupé par l’administration ; c’est un joli spécimen de l’architecture civile au début du règne de Louis XIV.

En fin de compte, le monastère de Port-Royal de Paris, si différent du Val-de-Grâce et des Carmélites, ses plus proches voisins, était un des beaux couvents de Paris, et l’on peut accepter, sauf la calomnie de la fin, l’opinion qu’en avait le P. Rapin, son plus mortel ennemi : « Le dedans de la maison était plus magnifique que le dehors, par l’étendue immense des bâtiments et par la commodité des offices et des appartements nécessaires à une communauté dont la destinée était si grande dans le vaste projet que s’en formaient les chefs. Car ce devait être le siège de l’empire de la nouvelle doctrine[1]. » La Mère Angélique ne nourrissait pas les projets insensés que lui prête la haine de Rapin et même elle préférait de beaucoup Port-Royal des Champs à Port-Royal de Paris. C’est aux Champs qu’elle aurait voulu vivre et mourir, et elle a regretté maintes fois d’être venue à Paris. Mais puisque les circonstances avaient exigé une installation en ville, elle fit de son mieux pour tout organiser avec intelligence. Elle ne soupçonnait pas qu’elle ferait du petit hôtel de Clagny la maison de la Sainte-Épine, si chère à Pascal, un lieu de pèlerinage que l’on viendrait visiter de tous les points de l’univers.

Si Port-Royal de Paris a pu naître en 1625 et se développer par la suite comme on vient de le voir, c’est parce qu’il s’est trouvé au xviie siècle des femmes

  1. Rapin. Mém. I, 173.