Page:Godet - Les Réalités, 1887.djvu/152

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SONNET SOMBRE





Comme un voyageur triste, au bord du grand chemin,
S’abîme longuement dans ses pensers moroses,
Quelquefois, excédé du grand néant des choses,
Je m’assieds, morne et seul, dans le désert humain.

Je songe aux disparus dont je pressais la main,
Aux jours si tôt défunts des illusions roses ;
Puis je pressens l’horreur de vos paupières closes,
Chers vivants que la tombe appellera demain !…