Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/42

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

CORALINE.

J'étois ſur le port au moment qu’on annonçoit cette malheureuſe nouvelle. Plufieurs Colons attendoient avec impatience un navire qu’on découvroit dans le lointain. Il eſt enfin entré au port, & auſſitôt tous les habitans l’ont entouré, & moi, toute tremblante, je me ſuis enfuie. Pauvre Mirza ! malheureux Zamor ! nos tyrans ne leur feront pas grâce.


AZOR.

Oh ! je t’en réponds bien ; ils ſeront bientôt morts.


BETZI.

Sans être entendus ? ſans être jugés ?


CORALINE.

Jugés ! il nous eſt défendu d’être innocens & de nous juſtifier.


AZOR.

Quelle généroſité ! & on nous vend pardeſſus au marché comme des bœufs.


BETZI.

Un commerce d’hommes ! O Ciel ! l’humanité répugne.