Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/52

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

moi-même celle à qui vous avez donné le jour. Je ſens que j’ai déjà pour elle des entrailles de mère ; mais en même-tems je frémis ! O mon ami, mon ami ! s’il falloit me ſéparer de vous ! Si Clariſſe t’arrachoit de mes bras !… Ses malheurs, ſes vertus, ſes charmes… Ah ! pardonne, pardonne à mon déſepoir, pardonne-moi, cher époux , tu n'es pas capable de m’abandonner & de faire deux victimes pour une.


M. DE SAINT-FRÉMONT.

Chère épouſe ! O moitié de moi-même ! Ceſſe de déchirer ce cœur déjà trop affligé. Clariſſe ne vit plus ſans doute , puiſque depuis deux ans on me fait repaſſer tous les fonds que j’envoie en France pour elle & pour ma fille. On ignore même ce qu’elles ſont devenues. Mais l’on vient ; nous reprendrons cette converſation.