Page:Gustave Flaubert - Œuvres de jeunesse, I.djvu/409

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et comme tout cela ne l’empêchait pas de siffler en ricanant : jeunes filles, voulez-vous danser ? tu aurais ri de pitié, et tu aurais dit : L’âme, c’est peut-être cette exhalaison fétide qui sort d’un cadavre.

Il ne faut pas être philosophe pour deviner cela.

VI

Pourtant il est si triste de penser qu’après la mort tout s’en va ! Oh ! non ! vite un prêtre ! un prêtre qui me dise, qui me prouve, qui me persuade que l’âme existe dans le corps de l’homme.

Un prêtre ! mais lequel ira-t-on chercher ? celui-là dîne chez l’archevêque ; un autre fait le catéchisme ; un troisième n’a pas le temps.

Eh quoi donc ? ils me laisseront mourir ! moi qui me tords les bras de désespoir, qui appelle la haine ou l’amour, Dieu ou Satan ? Ah ! Satan va venir, je le sens.

Au secours ! Hélas ! personne ne me répond.

Cherchons encore.

J’ai cherché, et je n’ai pas trouvé ; j’ai frappé à la porte, personne ne m’a ouvert et on m’y a fait languir de froid et de misère, si bien que j’ai failli en mourir.

En passant dans une rue sombre, tortueuse et étroite, j’ai entendu des paroles mielleuses et lascives, j’ai entendu des mots de volupté et j’ai vu un prêtre et une prostituée qui blasphémaient Dieu et qui dansaient des danses impudiques ; j’ai détourné la vue et j’ai pleuré. Mon pied heurte quelque chose, c’était un christ en bronze, un christ dans la boue !

VII

Il appartenait probablement au prêtre, qui l’avait

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