Page:Gustave Flaubert - Œuvres de jeunesse, I.djvu/48

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se donner le spectacle d’un assassinat ? Il y a des têtes là, pourtant, il y a des têtes qui devraient tomber, la sienne tout d’abord, messieurs. Ah ! non, non ! On n’ira pas jusque dans notre bonne ville de Paris nous insulter devant notre palais dans nos plus chères affections. Eh ! mon Dieu ! je parie qu’il voudrait bien, lui, le tigre, voir l’Anglais à nos portes, saccager la France ; il se mettrait même à la tête de cette troupe de brigands pour venir sur le trône le souiller et le détruire. Eh ! qu’ai-je appris, messieurs ? hier, vous l’avez reçu dans cette ville, vous ; vous l’avez admis à votre Parlement ! Vous êtes tous des traîtres !

Là, il s’arrêta tout à coup, ses yeux changèrent d’expression, il mit la main sur son front comme pour y recueillir tous ses souvenirs, puis, prenant tout à coup le bras du président :

— Au feu ! s’écria-t-il d’une voix effrayée, roi, ne vas pas plus loin, tu es trahi !

Et ses lèvres tremblaient, ses dents claquaient, il était pâle, ses yeux avaient quelque chose de stupide et d’infernal ; puis il partit tout à coup et courut dans sa chambre, là il se blottit dans un coin et pleura en gémissant.

La reine était présente à cette séance du Parlement. Quand elle sortit, elle alla chez le caissier de la couronne payer 42 sols parisis pour qu’on les remît à la demoiselle Perette la Jacquille, fille d’un marchand de chevaux.

— Voilà, dit-elle en mettant la pièce de monnaie dans la main de Jehan de la Roche, voilà ce qu’il en coûte pour les nuits de mon mari.

Elle sortit en souriant.

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