Page:Hyspa - Chansons d’humour, 1903.djvu/395

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Il est quatre heures du matin
Sur le boulevard de mon crâne,
Le Temps, balayeur à tous crins,
En a fait la surface plane

Et nue autant qu’un Sahara
Sans oasis ni caravane,
Où jamais rien ne poudroiera
Que le soleil, ô ma sœur Anne !

Déserte comme l’Odéon...
On y peut glisser sur la glace,
On n’y dort pas sur le gazon,
Il en reste à peine la place...

Il est quatre heures du matin,
Sur le boulevard de mon crâne.
Le Temps, balayeur à tous crins,
En a fait la surface plane.

Il y vient errer quelquefois,
L’âme des mains de mes amantes
Effeuillant jadis sous leurs doigts
Le pavot des caresses lentes...