Page:Jodelle - Les Œuvres et Meslanges poétiques, t. 2, éd. Marty-Laveaux, 1870.djvu/320

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Il ſe court, ſ’atteint, ſe bourraſſe,
Tant il a ſon ennemi pres.
Point ne luy fait perdre le cœur
L’atteinte d’atteinte ſuiuie,
Ses pieds font oelez par la peur,
Qui ſeuls peuuent ſauuer ſa vie :
Il eſt mis en fin au noüet,
Dont quelquefois meſme il eſchappe
Par bonds quelquefois il ſe happe,
Et criant roidit le iarret.
Des animaux plus eſtrangers
On peut en bref toucher la chaſſe,
Comme des bien ramez Rangers,
Ou des Lyons qu’au feu lon chaſſe,
Des Tygres qu’on trompe au miroir,
Des Elephans qu’auſſi lon trompe,
Et dont ne peut la forte trompe
Contre l’eſprit humain valoir.
Tels propos ſ’enflent eſtans pleins
De mots propres à ce langage,
Dont les Grecs, & dont les Romains
N’eurent iamais ſi riche vſage :
Là ſonnent ces mots de limier,
Chien-courant, dogue, chien-d’attaque,
Epagneu, chien d’Artois, & braque,
Barbet, turquet, allant, leurier.
Là des chiens oublier ne faut
La race, couleur, & maniere,
Les noms, comme Miraut, Briffaut,
Tirebois, Cleraude, & Legere :
Et en leuriers, Iaſon, Volant,
Cherami, Cigoigne, Cibelle :
Et cent noms dont on les appelle,
De toutes les ſortes parlant.
D’etabler, de rere, d’aller,
De bontems, de fraye, gaignage,
Du contre-pié, duſuraller,
D’os, de pinces, du viandage :